Le Crédit-bail dans les procédures collectives,
l’ASF a rencontré le CNAJMJ le 6 juin 2018
Dans la continuité des échanges de fin 2014 / début 2015, et dans le contexte actuel de la préparation du projet de loi PACTE, notamment de l’habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par voie d’ordonnances sur une réforme du droit des sûreté, et des discussions sur la directive « Insolvency », l’ASF a de nouveau rencontré le Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires.
MM. Christophe THEVENOT, Président du CNAJMJ, et Philippe JEANNEROT, membre du CNAJMJ, ont reçu le 6 juin dernier, au siège du Conseil national, une délégation ASF composée notamment des président et vice-président de la Commission du crédit-bail de l’ASF ainsi que la représentante de BPI France Financement à cette même Commission. L’ensemble des professionnels du marché était ainsi représenté.
Les objectifs de cet échange consistaient à faire un tour d’horizon des sujets communs et notamment à rappeler le poids et les enjeux du crédit-bail ainsi que les actions déjà mises en œuvre par les établissements dans le cadre des procédures collectives et prendre la mesure des attentes, des éventuelles difficultés rencontrées ainsi que des remarques des administrateurs et mandataires judiciaires.
La principale crainte qui ressort des échanges est celle d’un alignement du traitement du crédit-bail sur celui du crédit qui serait contreproductif, principalement pour deux raisons : le crédit-bailleur est propriétaire des biens financés en crédit-bail et la possibilité d’une augmentation du coût du produit en compensation du risque accru.
L’ASF a rappelé qu’une autre conséquence importante, potentiellement très impactante pour le financement de l’économie, serait la réduction d’un accès à un type de financement, très difficilement substituable, pour les entreprises (création, TPE/PME, innovation). La capacité des établissements spécialisés à financer des projets plus risqués ou plus audacieux découle directement de la propriété des actifs financés et des règles qui la régissent y compris en période difficile.
Au jour de la rencontre, ni l’ASF ni le CNAJMJ n’a connaissance de proposition (notamment dans le projet PACTE) affectant le crédit-bail. En revanche, les participants conviennent que, comme dans toute profession, des débats existent et qu’une partie de la doctrine minoritaire souhaite défendre ses positions et déposer des amendements que des parlementaires sont libres de saisir.
Malgré les efforts consentis par les établissements (allongement des délais, réduction et abandon de créances voire de plus-values, etc.) qui favorisent l’élaboration de plans (amiable ou judiciaire), un point d’attention concerne la perception du crédit-bail, notamment immobilier, comme source de blocage à l’émergence de solutions. Même si aucun exemple n’a pu être fourni, ce ressenti justifie que l’ASF fasse passer un message à ses adhérents.
D’autres points d’attention ont été soulevés :
Pour leur part, les professionnels indiquent qu’il serait apprécié, lorsqu’il n’est pas possible de poursuivre le contrat de crédit-bail, que la récupération de l’actif par les établissements intervienne au plus vite. Cette demande tient notamment à des considérations tant juridiques (responsabilité, assurance, gardiennage, ICPE, environnementale, formalisme DRIRE, …) qu’économiques (coûts des obligations juridiques, entretien, recommercialisation : vente et/ou location).
En conclusion de ces échanges, l’ASF retient notamment que :
CR – 22/08/2018
Article en PDF
Fichier PDF